Mise à mort, mise en scène, mort en scène. Cette toile propose un regard particulier sur cette pratique qui ne manque pas de qualificatifs tellement elle suscite des émotions chez les pro- et les anti-. S’interroger sur cette pratique, c’est s’interroger sur notre rapport aux animaux, et lorsqu’on l’érige au statut d’art, sur ce qu’est l’Art.

Voici en quelques étapes la réalisation de cette toile, chaque prise de vue a été faite après 2h à 2h30 de peinture.

 

Étape 1 : le dessin

Je commence par poser une esquisse légère au crayon. Les motifs et éléments détaillés sont réalisés directement au pinceau. Le dessin pose uniquement les proportions et le mouvement dans les grandes lignes.

Étape 2 : le drapé

Contrairement à mes habitudes, je m’attaque d’abord aux tissus plutôt qu’au portrait de l’animal, c’est vraiment cet aspect qui m’intéresse techniquement dans ce sujet (merci Pedro Almodovar pour cette scène inspirante)

Étape 3 : habit de lumière

Les toréadors portent ce vêtement que l’on trouve dans toutes les couleurs, excepté le jaune qui porterait malheur. J’ai choisi le rouge pour accentuer la thématique de mort théâtralisée.

Étape 4 : le taureau

La difficulté ici était de peindre un taureau noir sur fond noir sans qu’il disparaisse. Une question d’éclairage…

Étape 5 : volume et relief

Jouer avec la lumière, créer des plis et des dégradés pour que le vêtement habille un corps et donner du relief aux broderies. Quelques touches de peinture dorée le rend un peu plus luxueux.

Étape 6 : contrastes

Le fond noir a tendance à écraser les contrastes du sujet, il faut donc accentuer les zones sombres, et les zones claires !

Étape 7 : les détails

L’occasion d’en savoir un peu plus sur la corrida, les coutumes, le déroulement, pour mieux en détourner les codes.

Étape 8 : le final

Deux ou trois retouches supplémentaires et nous voilà au bout d’une quinzaine d’heures de travail. Une vraie photo (avec mon Reflex cette fois) et un recadrage pour vous montrer le résultat final.